L’Elégie de la Traversée : Séoul de 1982 à 2015

Le travail de la photographe française Françoise Huguier est mis en valeur au Musée d’Histoire de Séoul jusqu’au 29 mai 2016. C’est gratuit et vous repartez avec un beau poster en prime !  Cela a vraiment été l’occasion pour nous de découvrir cette photographe dont la renommée a depuis longtemps dépassé les frontières .  Pas de titres pour les photos mais des thématiques accompagnées d’un descriptif trilingue ( coréen, français et anglais).

Note d’intention de l’exposition

En 1982, après un long séjour en Asie du Sud -Est  et au Japon, Françoise Huguier continue son travail en Corée, et particulièrement à Séoul. Elle découvre une ville en pleine construction , où le couvre-feu existe toujours, reste de la guerre. Les vieux quartiers sont en train d’être détruits au profit de barres bétonnées.

Le métro existe depuis peu, certains quartiers sont encore entourés de champs, et la cathédrale, tout en béton, sort de terre.

La ville est un grand chantier, et le niveau de vie des Séouliens, enfants et adultes, est comparable à celui de l’Asie.

En redécouvrant Séoul en 2014, Françoise Huguier retrouve un monde transformé par la technologie et la consommation de masse ; la ville de 1982 lui apparaît comme le squelette de ce qu’elle est devenue. Le niveau de vie a rattrapé celui de l’Europe. Il lui a semblé indispensable de revenir à Séoul, devenue point d’orgue de la culture populaire en Asie. A Kuala Lumpur, la jeune communauté chinoise est fan de la culture K-Pop, alors que leurs parents ne regardent plus les films des Frères Shaw, mais les dramas coréens. L’Asie est définitivement influencée, non plus par le Japon, mais par la culture populaire coréenne. L’artiste constate aussi que l’implantation des églises protestantes et catholiques s’est énormément développée. Séoul est devenue une mégalopole de 25 millions d’habitants, la moitié de la population totale du pays. Les campagnes sont -elles désertées au profit de Séoul ? Françoise Huguier commence ses investigations par le monde de la K-Pop. Elle découvre le girls band “La Boum”, qui l’inspire par son parfum français et parisien, avec le premier CD “Petit macaron”, qui devient très vite à la mode à Séoul. Sur les traces du Marie-Antoinette de Sofia Coppola, elle décide de photographier le groupe dans un studiot ressemblant à Versailles! Et de faire porter des Converse aux artistes, en hommage au film.

Les écrans publicitaires dans le métro et dans la rue déversent des slogans de l’esthétique d’être et de paraître, et influencent radicalement les habitants de séoul, toutes générations confondues. Ce qui amène Françoise Huguier à photographier les quartiers symboles de la consommation à outrance : Myeong-dong, Hongdae, et les shoppings malls géants. Dans le métro, la rue, sur les Smartphones, chez les gens, les dramas crèvent l’écran et lancent les modes. C’est aussi dans la rue qu’elle découvre que les jeunes coréens sont devenus blonds.

Dans le prolongement de 1982, l’artiste se pose la question : qu’est devenue la génération qui a souffert pour construire la réussite du pays ? Aussi, elle rend visite aux familles dans le quartier de Dunchon-dong, se rend dans les colathèques et les cabarets de Jongno, ainsi que dans les bidonvilles des laissés pour compte. Elle les photographie et les enregistre.

L’artiste Françoise Huguier espère que la jeune génération se rend compte des sacrifices des anciens et n’a pas oublié les dégâts et les douleurs de la guerre. Et elle ajoute : sans passé, il n’y a pas de futur.

Pour plus d’informations sur le lieu de l’exposition : http://eng.museum.seoul.kr/eng/index.do

Et malheureusement pas de site officiel et pourtant, une biographie très riche si vous cherchez un peu sur internet.

Crédit photos: Maxime Grosse

 

 

 

 

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