La ville de Séoul a la réputation d’être une attraction citadine vivante animée par ses
activités, par son histoire mais aussi par ses citoyens. C’est ainsi que chaque week-end,
les habitants de la capitale manifestent dans les rues pour exprimer leurs
revendications, qui sont très souvent militantes et politiques. Mais l’une de ces manifestations
attire plus particulièrement l’attention des touristes, affichant fièrement les drapeaux coréen… et américain.

Un parti politique patriote et militant

C’est le samedi 3 octobre 2024, à la sortie de la gare de Séoul, que nous retrouvons le Korean
Patriotic Party, ou plus communément appelé en coréen le “Uri-gonghwadang” (en
hangeul :우리공화당) qui est un groupe politique conservateur coréen, fondé en 2017, par
Cho Won-Jin et Hong Moon-Jong, fervent partisan de l’ancienne présidente Park Geun-Hye.

Probablement réunis à l’occasion de la fête nationale du Gaecheonjeol (date de la
fondation du premier État coréen Gojoseon), les militants et les partisans de ce groupe
se sont rassemblés pour afficher leur militantisme nationaliste. Ces partisans se montrent
très patriotiques, soutenus par les vétérans de guerre dont la présence est loin de passer inaperçue.


La présence du drapeau américain démontre aussi qu’ils s’opposent à la politique
diplomatique pacifique avec la Corée du Nord et affichent une position clairement virulente contre
le communisme.

Une approche ultra-nationale

Après une visite sur leurs réseaux sociaux et site internet présents sur leurs brochures, le
positionnement de ce parti politique militant est perçu comme d’extrême-droite, en
raison du fait qu’il adopte des valeurs très conservatrices et traditionnalistes, montrant ainsi
une opposition ferme contre des politiques progressistes, par l’intermédiaire d’un discours
polarisant.

Toutefois, le KPP se renferme dans une rhétorique frontale et ultra conservatrice, le
rendant marginal dans le paysage politique. D’autant plus qu’ il semble montrer
des revendications émotionnelles, comme nous l’explique un article média sud-coréen Yonhap News du 25 Juin 2019, qui relate un incident impliquant le KPP, illustrant
son activisme et les controverses entourant ses actions.
Il est donc observable que le KPP éprouve des difficultés à faire face aux rejets de ses
idées mais également à maintenir un discours nationaliste face à un pays qui est en
quête constante de modernité. Sans compter que son approche ultra-nationaliste limite
son attractivité auprès de la jeunesse sud-coréenne, puisque sa voix fait écho à une
génération plus âgée et d’anciens militaires, qui composent la base de population
importante de ses adhérents.

Depuis Mars 2020, le groupe militant s’est renommé en Our Republican Party suite à sa fusion avec le parti politique Liberty Unification Party, un autre parti politique qui partage les même valeurs et idéologies militantes que le KPP. Une fusion due au fait qu’elle souhaite gagner en visibilité auprès de potentiels nouveaux adhérents.
Et malgré sa sévère défaite aux récentes élections présidentielles de 2022, démontrant une faible représentation au niveau national, le nouveau parti émergeant peut s‘avérer être un cas d’étude intéressant pour découvrir et comprendre les tensions politiques de ce pays. En effet, des défis sont à affronter mais on assistera certainement à une probable montée au pouvoir dans les années à venir, dans un contexte international d’extrême -droitisation …

Christopher Armstrong