Stella Sujin, une noirceur lumineuse…Stella Sujin, from the dark to the light…

26 octobre 2013
Arts, Peinture

Stella Sujin 

 

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Le jeudi 17 octobre 2013, Inside Corea s’est rendue au vernissage de l’ exposition ” Memento Mori, remember you will die” au Jazzy Mas à Séoul . L’artiste , Stella Sujin est une jeune coréenne qui a décidé de s’installer en France il y a quelques années, pour y étudier mais aussi pour y développer son art.

Concept de l’artiste :

” Quand j’était petite, il y avait un abattoir à côté de ma maison. Des animaux en cages étaient suspendus, dans l’arrière-cour, attendant d’être  tués et découpés en morceaux. J’y ai jeté un coup d’ œil au-dessus de la clôture. C’est à ce moment que j’ai commencé à me poser des questions ontologiques sur la relation entre le corps et son propriétaire, un être vivant.

Platon a appelé corps “soma” , les vaisseaux qui contiennent l’âme, et il a aussi remarqué que l’âme est immortelle mais le corps disparaît après la mort et l’âme quitte donc les vaisseaux. Cependant, la mort des animaux dont j’ai été témoin était trop explicite pour être appelée “disparition”. En effet,  la mort était juste en face de moi et cela signifiait que je verrais les quartiers d’un bœuf mort suspendus dans l’arrière-cour alors que ce même bœuf était en vie la veille.

Tel que je l’ai compris, la mort est le moment où l’âme et le corps émergent d’un groupe pour être séparés en raison de l’absence d’un facteur obligatoire. Ce “facteur obligatoire”, qui est similaire à de l’ adhésif, représente l’esprit de l’individu et l’identité en terme d’âme; au contraire, en ce qui concerne le corps, il représente sa perspective physique, à savoir, le travail et la reproduction basés sur la respiration, l’ ingestion, l’excrétion et la croissance. Je crois que cette connexion entre l’âme et le corps se brise quand l’un des facteurs obligatoires est perdu, ce qui signifie une mort ontologique en opposition avec le simple fait d’être vivant.

Après avoir spéculé sur ce concept de mort, j’ai appris que des études existaient,  montrant  des recherches sur la relation l’âme et le corps. Elles trouvaient leur essence dans le Spiritualisme exploré par Aristote et Henri Bergson.

A ce moment-là, j’ai réalisé que la naissance et la mort n’étaient pas des concepts linéaires définis avec un début et une fin mais qu’ils étaient une sorte de circulation.

La naissance est le moment de l’assemblage alors que la mort est l’état où corps et âme sont démontés. L’ élément le plus important à comprendre est que la naissance / la vie et la mort travaillent organiquement dans une circulation dense telles la mante religieuse qui dévore son mâle après l’acte sexuel ou la progéniture qui mange sa mère aussi bien. Cette circulation dans laquelle des fragments démontés s’assemblent et se séparent est également un organisme gigantesque. C’est ainsi que j’ai intitulé mes travaux “L’ Organisme Poétique ” en mettant l’accent sur l’aspect organique.

Les limites de la vie et de la mort deviennent moins claires lorsque nous décidons de comprendre “être vivant” et “mourir” en tant que termes de convergence et de dispersion. “Etre vivant” n’est rien d’autre qu’un subside de groupe avec un facteur obligatoire travaillant activement.  En ce qui concerne notre corps, nous avons tous été oxydés depuis notre naissance et cela s’arrêtera à un certain point. Comme je l’ai indiqué plus tôt, cette limite entre la vie et la mort n’est pas claire. La naissance est le début de la mort et par conséquent, la naissance est une mort rituelle.

Je recherche et je peins les incidents qui arrivent dans ce groupe formé par l’âme et le corps, dans le processus de la naissance et de la mort. Mon travail consiste à imaginer et à illustrer les moments de convergence et de dispersion tels la grossesse, la naissance, l’avortement, les changements du corps, la rupture, abattage, les  opérations chirurgicales et la mort. J’utilise souvent le thème de la naissance et de la mort ritualisées par l’intermédiaire de la naissance des saints, des martyrs exécutés, l’ ascencion et la résurrection.

C’est ainsi que la mort est un rituel paradoxal de la naissance. Il n’est donc pas besoin de la décrire d’une manière triste ou effrayante mais plutôt d’utiliser une manière colorée ou pompeuse. La mort que je présente montre des ornements dorés et colorés comme l’uniforme des soldats qui se rendent à la guerre.

Comme mes œuvres décrivent , pour la plupart, des événements religieux, j’ai été inspirée par des images saintes : des peintures du 17ème siècle telles La Vanité, L’ Assomption de Marie et L’Annonciation.  Je suis tout particulièrement intéressée dans la réinterprétation de la composition et des couleurs du portait coréen de Bouddha et j’espère aussi que mon travail invitera le public à s’interroger jusqu’à quel point une image peut être sainte.

Stella Sujin

Traduction en français par Caroline Boullay

Un grand merci à Stella Sujin qui nous a autorisés à publier des photos de son exposition et de son travail.

Pour plus d’informations :

http://www.stellasujin.com/

http://stellasujinaquarelle.tumblr.com/

http://thewallbystellasujin.tumblr.com/

http://mementomoribystellasujin.tumblr.com/

 

 

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