“Page par page” la rubrique littéraire de Gaëlle Violon 28/09

28:09

Gaëlle est une bibliothécaire jeunesse perdue quelque part dans le centre de la France. Ce qu’elle a trouvé de mieux pour se rapprocher de la culture coréenne (inexistante dans cette partie du pays), c’est de s’intéresser à sa littérature jeunesse et à son édition en France. Deux jeudis par mois – et ça commence tout de suite- elle vous en livrera quelques pépites. On espère que ça vous plaira.

Quatre points et demi

(Neok jeom ban)
Yun Seok-Jung &Lee Young-Kyung
Editions Picquier Jeunesse-2006

Quatre points et demi, c’est la balade d’une petite fille dans un village coréen. Sa mère lui demande de se rendre chez le vieux marchand d’à côté pour lui demander l’heure. Mais en chemin, cette petite fille à la bouille toute ronde, curieuse de tout, s’émerveille devant les poules, les libellules, les fourmis… et finit par perdre la notion du temps.

Dans ce court album, au fil des pages, on se promène avec elle dans la campagne d’antan. Notre lecture est visuellement parsemée de petites histoires parallèles et c’est un régal de les dénicher : des lycéens en uniforme, une famille de petites cailles, un nid d’oiseaux …
L’auteur et l’illustrateur réussissent à nous en apprendre beaucoup en très peu de mots sur les traditions coréennes d’autrefois. Et, puisque c’est là que réside tout le propos de l’histoire, on y découvre notamment comment se lisait l’heure.

Ce poème de Yun Seok-Jung, rythmé par la répétition du titre, peut être lu comme une comptine et devient aussitôt un plaisir à lire à haute voix. Quant à la chute, tout en silence, elle est subtile et pleine d’humour.

Les douces illustrations de Lee Young-Kyung, qui accompagnent à merveille ce texte, offrent un air malicieux à notre petite héroïne en hanbok rouge et donnent l’impression que cette époque (peut-être la jeunesse de l’artiste lui-même) était le bon temps. Par sa mise en scène pleine de tendresse, l’illustrateur parvient également à souligner la simplicité du texte, notamment en accentuant les jeux de regard.

Un album à découvrir, ne serait-ce que pour le sourire qu’il laisse même une fois le livre refermé.

Et chez Picquier, ils sont sympas, on peut feuilleter les premières pages de l’album : http://www.editions-picquier.fr/beaulivre/bl_22/

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