Correspondance…

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Seoul, le 5 avril, un jour de pluie.

Chère Min Ji,

Cela fait bien longtemps que je ne t’ai pas écrit. J’espère que tu te plais à Paris.

J’ai rencontré un garçon français ici, lors d’une de ces réunions “global exchange”. Il a l’air complètement perdu et je suis très embarrassée parce qu’il me demande de l’aide. Je ne peux pas refuser par peur d’être dans une situation inconfortable lorsque je retournerai dans ce meeting.

Julien est un peu le Français typique, mal rasé, avec ce style frenchie, pas très propre, artiste et cette impression qu’il veut changer le monde. Les Français sont-ils à ce point idéalistes ? Il y a, dans sa façon d’être, une sorte d’aura, une séduction, et par déduction, j’imagine lui plaire.

Ma chère soeur, connaissant nos parents, ce genre d’amour naissant, meurt rapidement dans un coeur, laissant place à des rencontres organisées, lassantes, dans un marécage de questions lancinantes, une bouillie de tracassements qui ne cassent pas le quotidien.

Je ne sais pas si tous tes amis parisiens sont comme Julien, ce garçon aussi intrigant que charmant, intrépide, instable et déstabilisant.

Il semble tout simplement perdu dans Séoul, perdu dans les boulevards de sa vie, vivotant dans les rues de l’excitation d’une Asie, coincé dans l’impasse d’un visa, sans savoir où viser.

Toi qui connais les Français, dis-moi comment réagir? Comment puis-je lui dire que je ne peux pas l’aider sans être rude ou le vexer?

Prends soin de toi ma chère soeur,

 Min Ji, ta grande soeur 

 

 


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